Francesco di Castri




La parution de la deuxième édition de ce livre a été assombrie par le décès du professeur Francesco di Castri.Mon ami depuis plus de vingt ans, il était une inspiration, un maître et un confident. Il était de tous mes projets depuis 1983, et son regard critique me rassurait sur leur valeur.

J’étais privilégié de cette empathie naturelle que nous avons éprouvée l’un envers l’autre dès notre première rencontre et qui, au fil du temps, a créé entre nous une véritable complicité malgré l’immense fossé de notoriété qui nous séparait.

C’était un homme simple et un esprit résolument anticonformiste qui a toujours cherché au-delà des apparences et des slogans pour faire émerger, dans le domaine des sciences écologiques comme dans les problèmes de
développement, les véritables mécanismes, les facteurs clés et les pièges.

Théoricien brillant en écologie, il a su très tôt identifier l’importance de l’humain et de sa culture dans la conservation des espèces et des
écosystèmes. On lui doit en grande partie le concept de Réserves de la biosphère dont l’UNESCO a fait un réseau mondial de laboratoires grandeur
nature. Sa contribution aux grandes conférences des Nations Unies, en particulier à celle de Stockholm (1972) et de Rio (1992) et son rôle de
conseiller auprès de nombreux chefs d’État et d’entreprises mondiales ont probablement plus fait pour une conservation efficace que ce que tout autre universitaire pourrait revendiquer dans ce domaine. Il aimait par-dessus tout les gens de terrain, les autochtones de la forêt boréale, les Polynésiens ou les Argentins des bidonvilles avec qui il montait des projets qui ont apporté un
véritable développement et une amélioration de leur environnement. Il nous faudra continuer à tracer le chemin dans la direction que nous indiquent ses pas.

À l’automne 2007, la Chaire en Éco-Conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi lancera une bourse doctorale à sa mémoire. Puisse son nom demeurer vivant et son souvenir nous rappeler que rigueur et ouverture d’esprit peuvent être réunies en une seule personne.

Claude Villeneuve